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Dark Malgus Deceived.

 
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{#lvl's#}Nox[co-ldr]
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MessagePosté le: Ven 15 Avr - 16:45 (2011)    Sujet du message: Dark Malgus Deceived. Répondre en citant

       
                 



            Premier jour
Chapitre 1
FATMAN TREMBLAIT dans un cri métallique, alors que Zeerid le poussait dans l'atmosphère d'Ord Mantell. Les frottements embrasaient l'air et Zeerid observait la lueur orange des flammes depuis le transparacier du cockpit de son vaisseau.
Il réalisa qu'il serrait le manche trop fort et se détendit.
Il détestait les entrées atmosphériques, il les avait toujours détestées. Les quarante longues secondes pendant lesquelles la chaleur, la vitesse et les particules ionisées provoquaient une panne temporaire des capteurs. Il ne savait jamais quel ciel l'attendrait à sa sortie de l'obscurité. À l'époque où il transportait les commandos de l'escouade du Chaos dans une navette de largage de la République, lui et les autres pilotes comparaient la panne à un saut aveugle depuis le haut d'une falaise.
On espère toujours trouver des eaux profondes, disaient-ils. Mais tôt ou tard, la marée finit par se retirer et on fonce droit sur un rocher.
Ou entre deux feux cinglants. Mais ça n'avait pas vraiment d'importance. L'effet produit serait le même.
"Tout droit surgi des ténèbres", dit-il alors que les flammes diminuaient et que le ciel s'ouvrait sous lui.
Personne ne lui répondit. Il pilotait Fatman seul. Il travaillait seul. Tout ce qu'il transportait, c'étaient des armes pour l'Échange. Il avait ses raisons, mais il faisait de son mieux pour ne pas trop penser à ce qu'il faisait.
Il stabilisa le vaisseau, se redressa et balaya rapidement du regard le ciel alentour. Les capteurs ne signalaient rien.
"Une eau profonde et tout va bien", dit-il en souriant.
Sur la plupart des planètes, au moment de franchir l'atmosphère, il devait jongler avec les interdictions gouvernementales. Mais pas sur Ord Mantell. Cette planète était un repaire pour les syndicats du crime, les mercenaires, les chasseurs de primes, les contrebandiers, les marchands d'armes et les trafiquants d'épice.
Tels étaient les gens qui dirigeaient ce monde.
 

Les guerres entre factions et les assassinats monopolisaient toute leur attention, pas la gouvernance et encore moins le respect des lois. Les latitudes supérieures et inférieures de la planète étaient particulièrement peu peuplées et il n'y avait pour ainsi dire jamais de patrouille. Un véritable no man's land. Zeerid aurait été étonné que le gouvernement ait placé des satellites de surveillance en orbite au-dessus de la zone.
Et ce n'était pas pour lui déplaire.
Fatman traversa une couche épaisse de nuages roses et l'hémisphère nord marron, bleu et blanc d'Ord Mantell remplit le champ de vision de Zeerid. La verrière était criblée de neige et de glace, véritables éclats d'obus gelés, qui frappaient en rythme régulier sur la carlingue de Fatman. Le soleil couchant recouvrait une grande partie du monde d'un voile rouge orangé. La mer du nord bouillonnait sous lui, agitée et sombre. Les cercles blancs irréguliers des vagues déferlantes signalaient les milliers d'îles inexplorées qui émaillaient la surface de l'eau. À l'ouest, au loin, il distinguait les contours flous d'un continent et la crête fine des montagnes enneigées et nuageuses qui le traversaient du nord au sud.
Un mouvement attira son regard. Des oiseaux aux ailes de cuir, trop petits pour être remarqués par les capteurs, volaient deux cents mètres à tribord et bien plus bas que lui, leurs immenses ailes membraneuses battant doucement dans le vent glacial. Cette nuée, parenthèse géante, se dirigeait vers le sud en quête d'un air plus chaud sans lui prêter attention alors qu'il la survolait et la dépassait, clignant de ses yeux noirs à cause de la neige et de la glace.
Il arrêta les moteurs ioniques et ralentit un peu plus. Il laissa échapper un bâillement. Il se redressa et essaya de chasser la fatigue d'un clignement de paupières, mais elle était aussi tenace qu'un bantha en colère. Il avait mis le pilote automatique et avait somnolé pendant le trajet en hyperespace depuis Vulta, mais c'était tout le repos qu'il avait pris au cours des deux derniers jours standard. Et la fatigue commençait à se faire sentir.
Il gratta sa barbe de plusieurs jours, se massa la nuque et enregistra les coordonnées du point de livraison dans le navordinateur. L'ordinateur se connecta à un des géosyncsats non sécurisés d'Ord Mantell et indiqua l'emplacement et l'itinéraire à Fatman. L'ATH de Zeerid l'afficha sur la verrière du cockpit. Il regarda l'emplacement et pointa du doigt la destination.
"Une île dont personne n'a jamais entendu parler, là où personne ne va jamais. Ça doit être ça."
Zeerid activa le pilote automatique et le vaisseau vira en direction de l'île.
Son esprit était ailleurs tandis que Fatman fendait le ciel. Le bruit régulier de la glace et de la neige sur la verrière le berçait. Ses pensées survolaient les nuages pour remonter dans le temps, jusqu'à avant l'accident, avant qu'il ne quitte la marine. À l'époque, il portait fièrement l'uniforme et il pouvait se regarder dans la glace...
 

Il se ressaisit et mit rapidement un terme à ses pensées avant de commencer à s'apitoyer sur son sort. Il savait où ça le mènerait.
"Assez, soldat", se dit-il à lui-même.
Il était ce qu'il était et les choses étaient ce qu'elles étaient.
"Concentre-toi sur la mission, Z".
Il consulta le navordinateur pour savoir où il était. Il était presque arrivé.
"Tiens-toi prêt ! En piste ! dit-il, comme à l'époque où il dirigeait ses commandos. ZA dans quatre-vingt-dix secondes."
Il poursuivit son rituel : vérification de la charge de ses blasters, réglage des sangles de son armure composite, concentration.
Il aperçut devant lui l'île où il devait effectuer la livraison : dix kilomètres carrés de roche volcanique bordée de broussailles hautes et hirsutes battues par les vents. Il ne faudrait pas plus d'un an pour que cet endroit disparaisse, englouti par les eaux.
Il changea d'angle, décrivit un large cercle, la vue brouillée par la neige. Il scanna la zone, comme toujours, et le bruit de son instrumentation le surprit. Il y avait déjà un vaisseau sur l'île. Il consulta le chrono à son poignet et vit qu'il avait vingt minutes standard d'avance. Il avait déjà fait ça trois fois et Arigo (il était sûr que ce n'était pas son vrai nom) n'était jamais arrivé en avance.
Il descendit à quelques centaines de mètres pour avoir une meilleure vue.
Le vaisseau d'Arigo, le Doghouse, dont la forme rappelait celle d'un scarabée sans pattes, était posé dans une clairière à l'est de l'île. Sa rampe d'atterrissage était abaissée, telle une langue dépassant de son ventre. Des halogènes luisaient au crépuscule et réfléchissaient la neige, transformant les flocons en joyaux étincelants. Il remarqua trois hommes autour de la rampe, mais il était trop loin pour distinguer autre chose que leur parka blanche.
Ils aperçurent Fatman et l'un d'entre eux agita une main gantée.
Zeerid passa la langue sur ses lèvres et fronça les sourcils.
Quelque chose tomba.
Les fusées jaillirent du vaisseau et explosèrent dans le ciel : vert, rouge, rouge, vert.
C'était la bonne séquence.
 

Il décrivit un nouveau cercle, scrutant les tourbillons de neige, mais ne vit rien de suspect, pas d'autre vaisseau sur l'île ni sur l'eau. Il écarta ses inquiétudes et mit son appréhension au compte de la tension liée au commerce avec des scélérats et des criminels.
Quoi qu'il en soit, il ne pouvait pas se permettre de rater une livraison de matériel valant plusieurs centaines de millions de crédits parce qu'il était nerveux. L'acheteur final, quel qu'il soit, serait furieux et l'Échange ferait payer le manque à gagner physiquement à Zeerid, avant de l'ajouter à ce qu'il lui devait déjà. Il ne savait plus exactement à combien s'élevait sa dette, mais il savait qu'il y avait au moins deux millions de crédits pour Fatman plus une avance d'un million environ pour les soins médicaux d'Arra, bien que l'existence d'Arra soit son secret et qu'il ait fait croire à son intermédiaire que c'était pour rembourser ses dettes de jeu.
"ZA sécurisée." Il espérait qu'en le disant, ce serait le cas. "On y va."
Le bourdonnement des propulseurs et un tourbillon de neige précédèrent le contact de Fatman avec la roche. Il se posa à moins de cinquante mètres du vaisseau d'Arigo.
Il resta un instant assis dans le cockpit, parfaitement immobile, les yeux rivés sur la neige qui tombait, sachant qu'il y aurait une livraison après celle-ci, puis une autre et encore une autre et qu'il devrait toujours à l'Échange plus que ce qu'il ne pourrait jamais payer. Il était dans une impasse.
Mais c'était sans importance. Il le faisait pour Arra, pour avoir de quoi lui acheter une aérochaise et remplacer cette antiquité à roues. Ou encore mieux, des prothèses.
Il poussa un soupir, se leva et essaya de retrouver son calme pendant qu'il enfilait sa parka et ses mitaines. Dans la soute, il dut se frayer un chemin au milieu du labyrinthe des conteneurs. Il essayait de ne pas regarder directement les inscriptions noires qu'ils portaient, bien qu'il les connût par coeur. Il avait souvent vu ce genre de caisses au cours de sa carrière militaire.
DANGER — MUNITIONS. USAGE MILITAIRE UNIQUEMENT. ÉLOIGNER DE LA CHALEUR OU DE TOUTE AUTRE SOURCE D'ÉNERGIE.
Dans les caisses, il y avait pour plus de trois cents millions de crédits de canons laser lourds, de MPAPP, de grenades et suffisamment de munitions pour occuper les unités d'assaut les plus agressives pendant des mois.
Près de la rampe d'atterrissage, il remarqua que trois des quatre sangles de sécurité s'étaient détachées d'une des caisses de grenades. Il avait de la chance que la caisse ne se soit pas déplacée pendant le vol. Les sangles s'étaient peut-être détachées au moment de l'atterrissage. Il préféra croire à cette version plutôt que d'avouer sa négligence.
 

Il ne prit pas la peine de rattacher les sangles. Les hommes d'Arigo auraient de toute façon à les défaire pour décharger les caisses.
Il desserra ses blasters dans leur holster et appuya sur le bouton pour ouvrir la soute et abaisser la rampe. La porte descendit, laissant la neige et le froid s'engouffrer sur fond d'odeur marine. Il avança dans le vent. La lumière du soleil couchant lui faisait plisser les yeux. Il avait passé les douze dernières heures sous une lumière artificielle. Ses bottes crissaient sur la roche noire enneigée. Son souffle fumait dans l'air froid.
Deux des hommes d'Arigo s'écartèrent de leur vaisseau et le rejoignirent à mi-chemin. Il s'agissait de deux humains barbus. L'un d'eux portait un cache-oeil et une cicatrice en forme d'éclair barrait sa joue. Tous deux portaient des blasters à la hanche. Comme Zeerid, ils avaient défait la sécurité.
Zeerid ne les reconnaissait pas, ce qui raviva ses premières inquiétudes. Il était physionomiste et il ne connaissait pas ces hommes.
La livraison s'annonçait mal.
"Où est Arigo ?" demanda Zeerid.
"Il est occupé, répondit Cicatrice en faisant un geste vague. Il nous a envoyés à sa place. Ça ne te dérange pas, si?"
Sans Cicatrice se dandinait, nerveux, agité.
Zeerid acquiesça d'un signe de tête et garda un visage impassible alors que son rythme cardiaque accélérait et que l'adrénaline commençait à lui donner chaud. Tout ça sonnait faux et il avait appris au fil des ans à se fier à son instinct.
"C'est toi Zeerid ?" demanda Cicatrice.
"Z."
Personne ne l'appelait Zeerid, à l'exception de sa belle-soeur.
Et Aryn, une fois. Mais Aryn n'était plus là depuis longtemps.
"Z", répéta Sans Cicatrice en se dandinant et en étouffant un gloussement.
"Ça te fait rire ?" lui demanda Zeerid.
Avant que Sans Cicatrice ait le temps de répondre, Cicatrice lui demanda : " Où est la cargaison ?"
 

Zeerid regarda le troisième homme, derrière les deux premiers, qui était resté à côté de la rampe du vaisseau d'Arigo. Le langage corporel de l'homme, trop concentré sur l'échange verbal, trop tendu, renforça les inquiétudes de Zeerid. Il lui rappelait les jeunes recrues qui affrontaient des Impériaux pour la première fois, prêtes à réagir à la moindre alerte.
Le soupçon se transforma en certitude. La livraison ne sentait pas le piège, c'en était un.
Arigo était mort et l'équipage qui se tenait devant lui travaillait pour une autre faction d'Ord Mantell ou pour une organisation comparable à l'Échange. C'était sans importance. Zeerid n'avait jamais pris la peine de savoir qui combattait qui, alors il ne faisait confiance à personne.
Mais ce qui l'inquiétait, c'était que ces trois hommes avaient sûrement torturé Arigo pour obtenir des informations et qu'ils tueraient Zeerid dès qu'ils auraient confirmé la présence de la cargaison.
Et il y avait peut-être d'autres hommes cachés dans le vaisseau.
Finalement, il avait vraisemblablement quitté les ténèbres atmosphériques pour se retrouver entre de feux.
Qu'y avait-il d'autre de nouveau ?
"Pourquoi avoir appelé ce vaisseau Fatman ?" demanda Sans Cicatrice. Arigo avait dû leur révéler le nom du vaisseau de Zeerid parce que Fatman ne portait aucune inscription. Zeerid utilisait de faux certificats d'immatriculation sur presque toutes les planètes sur lesquelles il se posait.
"Parce qu'il en faut beaucoup pour lui remplir le ventre."
"Et pourquoi pas Gros ventre alors ?"
"Ce n'est pas très respectueux."
Sans Cicatrice fronça les sourcils. "Ah bon ? Envers qui ?"
Zeerid ne prit pas la peine de répondre. Tout ce qu'il voulait, c'était livrer les munitions, rembourser une partie de sa dette à l'Échange et rejoindre sa fille avant de devoir repartir sillonner la galaxie et se salir les mains.
"Il y a un problème ? demanda Cicatrice, sur un ton méfiant. Tu as l'air contrarié."
"Non, répondit Zeerid en forçant un sourire. Tout est comme d'habitude."
 

Les hommes affichèrent un rictus incertain, ne sachant pas quel sens donner aux paroles de Zeerid.
"Exactement, répondit Cicatrice. Comme d'habitude."
Sachant comment les choses allaient tourner, Zeerid ressentit le calme qu'il éprouvait quand le danger menaçait. Il revit un instant le visage d'Arra, se demandant ce qu'elle ferait s'il mourrait sur Ord Mantell ou sur une île sans nom. Il chassa cette pensée. Pas de distraction.
"La cargaison est dans la soute principale. Tu peux envoyer ton homme. Le vaisseau est ouvert."
L'expression qu'affichaient les deux hommes se durcit, un changement presque imperceptible mais qui n'échappa pas à Zeerid, une transformation qui trahissait leur projet meurtrier. Cicatrice ordonna à Sans cicatrice d'aller inspecter la cargaison.
"Il aura besoin d'un porte-charge, dit Zeerid en se préparant et en se concentrant sur la vitesse et la précision. Ces trucs pèsent lourd."
Sans Cicatrice s'arrêta à proximité de Zeerid et tourna les yeux vers Cicatrice d'un air interrogateur, hésitant sur la marche à suivre.
"Pas la peine, répondit Cicatrice en portant la main à son holster dans un geste trop détaché pour l'être vraiment. Je veux juste qu'il vérifie que tout y est. Ensuite je demanderai à mes hommes de procéder au paiement."
Il leva le bras comme pour montrer un comlink de poignet à Zeerid, mais sa parka le recouvrait.
"Tout est là", dit Zeerid.
"Vas-y, dit Cicatrice à Sans Cicatrice. Va vérifier."
"Oh, dit Zeerid, puis il claqua des doigts. Il y a autre chose..."
Sans Cicatrice soupira, s'arrêta et le fixa du regard, les sourcils froncés, de la fumée sortant de ses narines. "Quoi ?"
Zeerid se servit de sa main gauche comme d'un couteau et enfonça ses doigts dans la gorge de Sans Cicatrice. Tandis que Sans Cicatrice s'effondrait sur la neige en suffoquant, Zeerid sortit un de ses blasters de son holster et troua la poitrine de Cicatrice sans que celui-ci ne puisse rien faire, si ce n'est reculer d'un pas et porter la main à son arme. Cicatrice fit deux pas de plus en arrière en titubant, la bouche ouverte incapable de produire un son, la main droite levée, paume ouverte, comme s'il pouvait arrêter le tir qui l'avait déjà tué.
 

Alors que Cicatrice s'effondrait sur le sol, Zeerid tira à l'aveugle sur le troisième homme vers la rampe d'atterrissage du Doghouse, mais il le rata. Trop haut. Le troisième homme se tapit derrière le Doghouse, dégaina son pistolet blaster et hurla dans un comlink de poignet. Zeerid décela un mouvement dans la soute du vaisseau d'Arigo... D'autres hommes malintentionnés.
Impossible de savoir combien.
Il jura, fit un tir de couverture, se retourna et se mit à courir en direction de Fatman. Un tir de blaster dessina un trait noir fumant sur la manche de sa parka sans le toucher. Un autre ricocha sur la carlingue de Fatman. Un troisième tir le toucha au dos. C'était comme se faire renverser par un speeder. L'impact chassa tout l'air qu'il avait dans les poumons et l'envoya tête la première dans la neige.
Il sentit une odeur de fumée. Son armure avait arrêté le tir.
Grâce à l'adrénaline, il se releva aussi vite qu'il était tombé. Haletant, essayant de reprendre sa respiration, il se jeta derrière un patin d'atterrissage pour se protéger et essuya la neige qui lui recouvrait le visage. Il leva la tête un instant pour regarder derrière lui : Sans Cicatrice avait arrêté de suffoquer pour mourir, Cicatrice était poliment immobile et six hommes supplémentaires se ruaient sur lui, deux armés de fusils blasters et les autres de pistolets.
Son armure ne pourrait pas arrêter un tir de fusil.
Un tir s'écrasa sur le patin d'atterrissage, un autre sur la neige à ses pieds, un autre, et encore un autre.
"Merde !" jura-t-il.
La sécurité de la rampe d'atterrissage et de la soute de Fatman, à quelques pas seulement de lui, lui semblait très loin.
Il prit un blaster dans chaque main, tendit les bras de chaque côté du patin d'atterrissage et enchaîna les tirs le plus vite possible en direction des hommes qui fonçaient sur lui. Il ne voyait rien et peu lui importait de toucher quelqu'un. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'ils se mettent à terre. Après avoir tiré plus d'une dizaine de fois sans essuyer de tir de riposte, il sortit de sa cachette et se précipita vers la rampe.
Il l'atteignit avant que les tireurs se ressaisissent et déclenchent un autre tir de barrage. Quelques tirs le poursuivirent sur la rampe, ricochant sur le métal. Des étincelles jaillirent et l'odeur de plastoïde fondu se mêla à l 'air marin. Il passa devant le bouton permettant de relever la rampe, appuya dessus et se précipita vers le cockpit. Il avait presque traversé toute la calle quand il remarqua qu'il n'entendait pas le bourdonnement des vireurs.
Il se retourna et jura.
 

Dans sa hâte, il avait appuyé à côté du bouton qui actionnait la rampe.
Il entendit des cris venant de l'extérieur et n'osa pas regarder derrière lui. Il pourrait fermer la soute depuis le panneau de commande du cockpit. Mais il devait faire vite.
Il traversa les couloirs de Fatman à toute vitesse, ouvrit la porte du cockpit d'un coup d'épaule et commença à entrer la séquence de lancement. Les propulseurs de Fatman s'animèrent et le vaisseau bondit vers le haut. Des tirs de blaster s'écrasaient sur la carlingue, mais sans l'endommager. Il essaya de regarder depuis la verrière, mais le vaisseau s'élevait et il ne voyait pas le sol. Il enfonça les commandes pour aller vers l'avant et entendit le crissement distant du métal sur le métal. Ça venait de la soute.
Quelque chose se déplaçait.
La caisse de grenades.
Et il avait oublié de fermer la soute.
Se maudissant pour sa bêtise, il actionna l'interrupteur qui releva la rampe, puis ferma la soute et chassa tout l'oxygène qu'elle contenait. Si quelqu'un d'autre était monté à bord, il étoufferait.
Il s'empara des commandes et actionna les moteurs de Fatman. Le vaisseau s'éleva. Il vira pendant la montée pour regarder l'île.
L'espace d'un instant, il fut déstabilisé par ce qu'il voyait. Puis il comprit.
Quand Fatman avait bondi, la dernière sangle retenant la caisse de grenades s'était cassée et la caisse avait glissé par la rampe ouverte.
Il avait de la chance qu'elle n'ait pas explosé.
Les hommes qui lui avaient tendu un piège étaient regroupés autour de la caisse, se demandant sans doute ce qu'elle contenait. Il en compta six et se dit qu'aucun n'était monté à bord de Fatman. Aucun d'entre eux ne semblait se diriger vers le vaisseau d'Arigo, alors Zeerid supposa qu'ils n'avaient pas l'intention de le pourchasser dans les airs. La caisse leur suffisait peut-être.
Amateurs, oui. Pirates, peut-être.
Zeerid savait qu'il devrait donner des explications à Oren, son intermédiaire, non seulement au sujet de la livraison qui avait mal tourné, mais aussi au sujet des grenades perdues.
Cette fichue impasse se refermait.
 

Il songea à pousser les moteurs ioniques de Fatman à pleine puissance, à quitter la pesanteur d'Ord Mantell et à foncer dans l'hyperespace, mais il se ravisa. Il était en colère et il pensait avoir une meilleure idée.
Il fit faire demi-tour au vaisseau et accéléra.
"Des armes qui s'animent", dit-il avant d'activer les canons à plasma installés sur les flancs de Fatman.
Au sol, les hommes avaient supposé qu'il fuirait et ne le virent que lorsqu'il fut à environ cinq cents mètres d'eux. Des visages se tournèrent vers lui, des mains pointèrent dans sa direction et les hommes se mirent à courir. Les tirs du blaster d'un des hommes dessinèrent des lignes rouges dans le ciel, mais un blaster ne pouvait rien contre le vaisseau.
Zeerid visa. L'ordinateur de visée se verrouilla sur la caisse.
"Ça va chauffer", dit-il. Puis il fit feu. Des lignes orange relièrent un instant le vaisseau à l'île, le vaisseau à la caisse de grenades. Puis, quand les grenades explosèrent, les lignes s'épanouirent en un nuage orange de chaleur, de lumière et de fumée qui engloutit la zone. Des éclats d'obus tambourinaient sur la verrière, des éclats de métal, pas de glace cette fois, et l'onde de choc secoua légèrement Fatman alors que Zeerid s'élevait dans le ciel.
Il regarda derrière lui et vit six formes immobiles et fumantes gisant autour du rayon de l'explosion.
"C'est pour toi, Arigo."
Il aurait encore des explications à donner, mais au moins il s'était occupé de ceux qui lui avaient tendu un piège. L'Échange apprécierait.
Du moins il l'espérait.
DARK MALGUS ARPENTAIT LA PROMENADE MOBILE. Le claquement régulier de ses bottes sur le sol comparable au tic-tac d'un chrono qui aurait compté le temps qu'il restait à la République.
Des speeders, des fonceurs et des voitures des nuages vrombissaient au-dessus de lui dans les courants infinis, le système circulatoire motorisé du coeur de la République. Des gratte-ciel, des ponts, des élévateurs et des places recouvraient tout Coruscant sur plusieurs kilomètres de haut, autant de symboles d'une civilisation riche et décadente, enveloppe tentant de cacher la pourriture dans un cocon de duracier et de transparacier.
 

Mais Malgus pouvait sentir la gangrène sous le vernis et il leur montrerait le prix de la faiblesse, de la complaisance.
Bientôt, tout cela brûlerait.
Il réduirait Coruscant en cendres. Il le savait. Il le savait depuis des dizaines d'années.
Des souvenirs surgissaient des tréfonds de son âme. Il se rappelait son premier pèlerinage sur Korriban. Il se souvenait du sentiment profond de sainteté qu'il avait ressenti alors qu'il parcourait seul ses déserts rocheux, les canyons poussiéreux bordés par les tombeaux de ses ancêtres Sith. Il avait senti la Force en chaque endroit, il s'en était réjoui, et dans son isolement, il avait eu une vision. Il avait vu des systèmes en feu, la chute d'un gouvernement galactique.
Depuis, il pensait, ou plutôt savait, que la destruction des Jedi et de leur République lui incomberait.
"À quoi pensez-vous, Veradun ?" lui demanda Eleena.
Eleena était la seule à l'appeler par son prénom, et seulement quand ils étaient seuls. Il aimait la façon dont les syllabes roulaient sur sa langue et sur ses lèvres, mais personne d'autre n'avait le droit de l'appeler ainsi.
"Je pense au feu", répondit-il, la voix à moitié étouffée par ce respirateur qu'il détestait tant.
Elle marchait à ses côté, aussi belle et dangereuse qu'un lanvarok élégamment façonné. Elle fit claquer sa langue à ces mots, lui lança un regard oblique, mais ne dit rien. Sa peau lavande était luminescente dans le soleil couchant.
La foule se pressait sur la place qu'ils traversaient, souriante, renfrognée, bavarde. Une petite fille humaine croisa le regard de Malgus alors qu'elle poussait des petits cris de joie et se précipitait dans les bras d'une femme aux cheveux foncés qui l'attendait, sans doute sa mère. La petite fille dut sentir son regard. Elle le regarda depuis les bras de sa mère, son petit visage interrogateur. Il la fixa du regard tout en poursuivant sa route et elle détourna les yeux, enfonçant son visage dans le cou de sa mère.
En dehors de la fillette, personne ne lui prêta attention. Les citoyens de la République se sentaient en sécurité au coeur du Noyau, et le nombre d'individus sur Coruscant lui garantissait l'anonymat. Il marchait au milieu de ses proies, encapuchonné, son armure dissimulée sous son manteau, sans se faire remarquer, mais chargé d'une lourde mission.
"Ce monde est très beau", dit Eleena.
"Plus pour très longtemps."
 

Ses mots semblèrent la faire tressaillir, bien qu'il ignorât pourquoi. "Veradun..."
Il la vit ravaler sa salive, détourner le regard. Quels que fussent les mots qu'elle avait voulu prononcer ensuite, ils semblaient coincés sous la cicatrice qui lui barrait la gorge.
"Tu peux me dire le fond de ta pensée, Eleena."
Elle regardait toujours ailleurs, embrassant le décor qui les entourait, comme pour graver Coruscant dans sa mémoire avant que Malgus et l'Empire ne l'embrasent.
"Quand le combat cessera-t-il ?"
La question le surprit. "Que veux-tu dire ?"
"Votre vie n'est que guerre, Veradun. Notre vie. Quand cela cessera-t-il ? Ça ne peut pas durer indéfiniment."
Il hocha la tête, comprenant la tournure qu'allait prendre la conversation. Elle tenterait de dissimuler sa vision de la sagesse sous des questions. Comme d'habitude, il hésitait. D'un côté, ce n'était qu'une servante, une femme qui lui tenait compagnie quand il en avait envie. D'un autre côté, c'était Eleena. Son Eleena.
"Tu as choisi de te battre à mes côtés, Eleena. Tu as tué de nombreuses personnes au nom de l'Empire."
La peau lavande de ses joues s'empourpra. "Je n'ai pas tué pour l'Empire. Je me bats, et je tue, pour vous. Vous le savez. Mais vous... vous vous battez pour l'Empire ? Uniquement pour l'Empire ?"
"Non. Je me bats parce que c'est mon destin et l'Empire est l'instrument qui me permet de réaliser mon but. L'Empire est la guerre incarnée. C'est pour cela qu'il est parfait".
Elle secoua la tête. "Parfait ? Ses guerres tuent des millions de personnes. Des milliards."
"Des gens meurent à la guerre. C'est le prix à payer."
Elle regarda un groupe d'enfants qui suivaient un adulte, sans doute un professeur. "Le prix de quoi ? Pourquoi ces guerres incessantes ? Pourquoi cette soif insatiable d'expansion ? Que veut l'Empire ? Que voulez-vous ?"
Derrière son respirateur, il sourit comme il l'aurait fait face aux questions divertissantes d'un enfant précoce.
 

"Ce que je veux n'est pas la question. Je suis au service de la Force. La Force est conflit. L'Empire est conflit. Les deux vont de pair."
"Vous parlez comme s'il s'agissait d'une équation mathématique."
"C'est le cas."
"Les Jedi ne sont pas de cet avis."
Il réprima un accès de colère."Les Jedi ne comprennent que partiellement la Force. Certains l'utilisent avec puissance, mais ils ne comprennent pas la nature fondamentale de la Force, à savoir le conflit. L'existence d'un côté lumineux et d'un côté obscur en est la preuve."
Il pensa que la conversation en resterait là, mais elle ne renonça pas.
"Pourquoi ?"
"Pourquoi quoi ?"
"Pourquoi le conflit ? Pourquoi la Force existerait-elle pour fomenter le conflit et la mort ?"
Il soupira et commença à s'agiter. "Parce que ceux qui survivent au combat accèdent à une connaissance plus profonde de la Force. Leur compréhension change. C'est une raison suffisante."
Il vit à son visage qu'elle ne comprenait toujours pas. Son ton se durcit tandis que son exaspération augmentait.
"Le conflit engendre une meilleure compréhension de la Force. L'Empire étend et crée le conflit. Dans ce sens, l'Empire est un instrument de la Force. Tu saisis ? Les Jedi ne comprennent pas ça. Ils se servent de la Force pour se réfréner et réfréner les autres, pour imposer leur version de la tolérance, de l'harmonie. Ils sont ridicules. Et ils le verront dès demain."
Eleena se tut un instant. L'animation de Coruscant remplit le silence entre eux. Quand elle reprit la parole, elle ressemblait à la fille timide qu'il avait sauvée des enclos d'esclaves de Géonosis.
"Votre vie sera une guerre incessante ? Notre vie ? Rien de plus ?"
Il finit par comprendre ses motivations. Elle voulait que leur relation change, qu'elle évolue. Mais son dévouement au perfectionnement de l'Empire, qui lui permettait de parfaire sa compréhension de la Force, excluait toute attache prééminente.
"Je suis un guerrier Sith", dit-il.
 

"Et les choses entre nous ne changeront jamais ?"
"Maître et servante. Ça ne te plaît pas ?"
"Vous ne me traitez pas comme votre servante. Pas toujours."
Il laissa une dureté dont il n'avait pas eu conscience s'insinuer dans sa voix. "Et pourtant tu es une servante. Tâche de ne pas l'oublier."
La peau lavande de ses joues s'empourpra. Pas de honte, mais de colère. Elle s'arrêta, se retourna et le fixa droit dans les yeux. Il eut l'impression que malgré le capuchon et le respirateur qu'il portait, elle voyait tout de lui.
"Je connais mieux votre nature que vous ne vous connaissez. Je vous ai soigné après la bataille d'Aldérande, quand cette sorcière Jedi a failli vous tuer. Vous prononciez ces mots avec ardeur : conflit, évolution, perfection. Mais la foi n'a jamais atteint votre coeur."
Il la fixa du regard. Les deux tentacules de son lekku soulignaient la symétrie de son beau visage. Elle soutint son regard sans ciller, la cicatrice qui lui barrait la gorge visible sous son collier.
Frappé par sa beauté, il l'attrapa par le poignet et l'attira à lui. Elle ne résista pas et pressa ses courbes contre lui. Il fit glisser le respirateur de côté et l'embrassa avec ses lèvres abîmées, un baiser impétueux.
"Tu ne me connais peut-être pas aussi bien que tu le crois", dit-il, la voix non étouffée par le filtre mécanique de son respirateur.
Quand il était enfant, il avait tué une servante Twi'lek chez son père adoptif. Son premier meurtre. Elle avait commis un petit délit dont il ne se souvenait plus et qui n'avait jamais eu aucune importance. Il ne l'avait pas tuée à cause de son méfait. Il l'avait tuée pour se prouver qu'il pouvait tuer. Il se rappelait encore la fierté avec laquelle son père adoptif avait contemplé le corps de la Twi'lek. Peu de temps après, Malgus avait été envoyé à l'Académie des Sith sur Dromund Kaas.
"Je pense que je vous connais", répondit-elle avec défi.
Il sourit, elle sourit et il la relâcha. Il remit le respirateur en place et consulta le chrono à son poignet.
Si tout se passait comme prévu, le réseau de défense ne devrait pas tarder à céder.
 

Il fut envahi par une vague d'émotion, provoquée par la certitude que toute sa vie avait pour objectif l'heure qui allait suivre, que la Force l'avait conduit au moment où il serait l'artisan de la chute de la République et de l'apogée de l'Empire.
Il reçut un message sur son comlink. Il entra une clé pour le décrypter.
C'est fait, disait le message.
La Mandalorienne avait fait son travail. Il ne connaissait pas le vrai nom de la femme, alors pour lui, elle était devenue la Mandalorienne. Il savait seulement qu'elle travaillait pour l'argent, qu'elle détestait les Jedi pour une raison personnelle connue d'elle seule et qu'elle était très douée.
Le message lui disait que le système de défense de la planète avait été neutralisé. Pourtant aucun des milliers d'êtres sensibles avec qui il partageait la place n'avait l'air inquiet. Aucune alarme ne sonnait. Aucun vaisseau militaire ou de sécurité ne sillonnait le ciel. Les autorités civiles et militaires ignoraient que le réseau de sécurité de Coruscant avait été compromis.
Mais elles ne tarderaient pas à l'apprendre. Et elles ne croiraient pas ce que leurs instruments leur diraient. Elles feraient un test pour voir si les relevés étaient corrects.
Mais d'ici là, Coruscant se serait embrasée.
Nous sommes en route, tapa-t-il sur l'appareil.Rejoignez-nous à l'intérieur.
Il regarda une dernière fois autour de lui : les enfants et leurs parents qui jouaient, riaient, mangeaient, tous ces gens qui vivaient leur vie sans savoir que tout cela était sur le point changer.
"Viens !" dit-il à Eleena avant de reprendre son rythme. Son manteau tournoyait autour de lui. Tout comme sa colère.
Quelques instants plus tard, il reçut une autre transmission codée, de la part du vaisseau de livraison détourné cette fois.
Échange terminé. En approche. Arrivée dans quatre-vingt-dix secondes.
Devant lui se dressaient les quatre tours qui entouraient les niveaux empilés du Temple Jedi, sa pierre ancienne rougeoyant comme un feu dans la lumière du soleil couchant. Les civils semblaient l'éviter avec déférence, comme si c'était un endroit sacré et pas de sacrilège.
Grâce à lui, ce ne serait bientôt plus qu'un tas de décombres.
Il s'avançait vers lui et le destin marchait à ses côtés.
 

Les statues des Maîtres Jedi morts depuis longtemps bordaient l'accès à la porte immense du temple. Le soleil couchant étirait les formes ténébreuses des statues sur le duracier. Il marchait au milieu des ombres, relevant au passage quelques noms : Odan-Urr, Ooroo, Arca Jeth.
"Vous avez été trahis, leur murmura-t-il. Vous appartenez au passé."
La plupart des Maîtres actuels de l'Ordre Jedi étaient absents, participant à de fausses négociations sur Aldérande ou protégeant les intérêts de la République sur d'autres planètes, mais le temple n'était pas complètement sans surveillance. Trois soldats de la République en uniforme, fusils blasters à la main, montaient la garde à proximité des portes. Il en sentit deux autres plus haut sur sa gauche.
Eleena se crispa à côté de lui, mais ne faiblit pas.
Il consulta une nouvelle fois son chrono. Cinquante-trois secondes.
Les trois soldats, méfiants, le regardèrent s'approcher avec Eleena. Un d'entre eux parla dans un comlink de poignet, peut-être pour consulter un centre de commandement à l'intérieur.
Ils ne sauraient pas quoi faire de Malgus. Malgré la guerre, ils se sentaient en sécurité dans leur enclave au coeur de la République. Il allait leur montrer qu'ils se trompaient.
"Arrêtez-vous !" ordonna un des soldats.
"Je ne peux pas m'arrêter, répondit Malgus, trop doucement pour être étendu derrière le respirateur. Jamais."
LE COEUR EN PAIX, l'âme en paix, ces choses échappaient à Aryn, volaient devant elle comme des flocons de neige au soleil, visibles un instant, avant de fondre et disparaître. Elle jouait avec les perles en corail lisse du bracelet de tranquillité Nautolan que Maître Zallow lui avait donné quand elle avait été promue Chevalier Jedi. Comptant silencieusement les perles lisses, les faisant glisser sur leur chaîne l'une après l'autre, elle cherchait le calme de la Force.
En vain.
Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ?
À l'extérieur, des speeders passaient en vrombissant derrière la grande fenêtre qui donnait sur un magnifique paysage bucolique d'Aldérande digne d'un tableau. À l'intérieur, elle était en émoi. D'habitude, elle arrivait mieux à se protéger des émotions qui l'entouraient. En général, elle considérait son empathie comme une bénédiction de la Force, mais à présent...
 

Elle se rendit compte qu'elle tapait du pied. Elle arrêta. Elle croisa et décroisa les jambes. Encore.
Syo était assis à côté d'elle, ses mains calleuses croisées sur ses genoux, aussi immobile que les statues grandioses des hommes d'État d'Aldérande qui trônaient dans la salle carrelée de marbre et surmontée d'une coupole dans laquelle ils se trouvaient. La lumière du soleil couchant se répandait à travers la fenêtre, dessinant de longues ombres sur le sol. Syo s'adressa à elle sans la regarder.
"Tu es nerveuse."
"Oui."
En vérité, elle avait l'impression de bouillir, comme si la vapeur de son état émotionnel cherchait à s'échapper par sa soupape de contrôle. L'air été chargé, agité. Elle aurait pu mettre sa nervosité sur le compte du stress lié aux négociations de paix, mais elle avait l'impression qu'il y avait autre chose. Elle sentait une catastrophe s'abattre sur elle, une noirceur. La Force essayait-elle de lui dire quelque chose ?
"La nervosité ne te va pas", dit Syo.
"Je sais. Je me sens... bizarre."
Son expression ne changea pas derrière sa barbe courte, mais il savait qu'il ne devait pas négliger ses sentiments. "Bizarre ? Comment ?"
Sa voix était apaisante. C'était sans doute pour ça qu'il avait parlé, pensa-elle. "Comme si... Comme si quelque chose allait arriver. Je ne peux pas mieux l'expliquer."
"Ça vient de la Force, de ton empathie ?"
"Je ne sais pas. J'ai juste le pressentiment... qu'il va se passer quelque chose."
Il sembla réfléchir à ses propos, puis déclara : "Quelque chose va se passer." Il désigna du regard les doubles portes immenses à sa gauche derrière lesquelles Maître Dar'nala et le Chevalier Jedi Satele Shan avaient entamé les négociations avec la délégation Sith. "La fin de la guerre, si on a de la chance."
Elle secoua la tête. "Non, autre chose." Elle passa la langue sur ses lèvres et remua sur son siège.
Ils restèrent assis en silence quelques temps. Aryn continuait de s'agiter.
 

Syo s'éclaircit la voix et ses yeux marron se fixèrent sur un point à l'autre bout de la salle. Il parlait d'une voix douce. "Ils voient ton agitation. Ils l'interprètent comme ce qu'elle n'est pas."
Elle le savait. Elle sentait leur mépris, une irritation dans son esprit comme un caillou dans sa chaussure.
Deux Sith vêtus de noir, des membres de la délégation de l'Empire sur Aldérande, étaient assis sur un banc de pierre contre le mur opposé à Aryn et Syo. Quinze mètres de marbre lisse, deux rangées de statues et le fossé entre deux philosophies antagonistes séparaient les Jedi des Sith.
Contrairement à Aryn, les Sith n'avaient pas l'air nerveux. Ils semblaient repliés sur eux-mêmes. Ils étaient tous les deux penchés en avant, les avant-bras posés sur les genoux, les yeux rivés sur Aryn et Syo, comme s'ils étaient prêts à bondir à tout moment. Aryn sentait qu'ils se moquaient de son manque de contrôle. Elle le voyait à la moue méprisante de l'homme.
Elle quitta les Sith du regard et essaya de s'occuper l'esprit en lisant les noms gravés sur le socle des statues : Keers Dorana, Velben Orr et d'autres dont elle n'avait jamais entendu parler, mais la présence des Sith pesait sur sa sensibilité à la Force. Elle avait l'impression d'être sous l'eau, exposée à la pression des profondeurs. Elle attendait que ses oreilles explosent, pour la libérer dans un éclat de douleur. Mais il n'en était rien et ses yeux revenaient sans cesse aux deux Sith.
La femme, son corps fin perdu dans sa tunique bleu foncé sans forme, la fixait de ses petits yeux pâles. Ses longs cheveux bruns, réunis en une queue de cheval haute, pendaient comme la corde d'un pendu. L'homme assis à ses côtés avait le teint aussi cireux qu'elle, les mêmes yeux pâles, le même regard. Aryn supposa qu'ils étaient frère et soeur. Ses cheveux et sa longue barbe noire, nattée et séparée en deux fourches, ne parvenaient pas à cacher son visage grêlé aux multiples cicatrices qui n'était pas sans rappeler à Aryn un terrain après des tirs de barrage. Ses yeux tombèrent sur la poignée mince du sabre laser de l'homme et sur celle large et carrée de la femme.
Elle supposa que leurs parents avaient remarqué le potentiel du frère et de la soeur quand ils étaient jeunes et qu'ils les avaient envoyés sur Dromund Kaas pour y être endoctrinés. Elle savait que c'était ce qu'on faisait aux individus sensibles à la Force dans l'Empire. Si c'était vrai, les Sith assis en face d'elle n'étaient pas vraiment tombés du côté obscur ; ils n'avaient jamais eu la possibilité de se relever et de devenir autre chose.
Elle se demanda ce qu'il lui serrait arrivé si elle était née dans l'Empire. Se serait-elle entraînée sur Dromund Kaas ? Son empathie aurait-elle été mise au service de la douleur et de la torture ?
"Ne les prends pas en pitié", dit Syo en Bocce, comme s'il avait lu dans ses pensées. Le Bocce était étrange dans sa bouche. "Et ne doute pas de toi."
 

Sa perspicacité ne la surprit que légèrement. Il la connaissait bien. "Qui est-ce qui ressent de l'empathie maintenant ?" répondit-elle dans la même langue.
"Ils ont choisi leur voie. Comme nous le faisons tous."
"Je sais" répondit-elle.
Elle hocha la tête en pensant à ce potentiel gâché. Les yeux des deux Sith suivirent son geste avec le regard alerte et concentré des prédateurs qui chassent leur proie. L'académie de Dromund Kaas avait fait d'eux des chasseurs et ils voyaient l'univers à travers des yeux de chasseur. Ça expliquait peut-être la guerre dans le microcosme.
Mais ça n'expliquait pas la proposition de paix.
Et c'est peut-être pour cette raison qu'Aryn se sentait aussi mal à l'aise.
L'offre des pourparlers de paix avait surgi comme un éclair lancé par l'Empereur Sith, spontané, inattendu. Le gouvernement de la République avait été surpris. L'Empire et la République avaient convenu d'une rencontre sur Aldérande, théâtre d'une précédente victoire de la République, le nombre et la composition des deux délégations limitée et strictement proscrite. À sa surprise, Aryn comptait parmi les Jedi sélectionnés, bien qu'elle soit perpétuellement postée à l'extérieur de la salle des négociations.
"Cette sélection est un honneur", lui avait dit Maître Zallow avant qu'elle n'embarque pour Aldérande et elle savait que c'était vrai. Pourtant, elle se sentait mal à l'aise depuis qu'elle avait quitté Coruscant. Elle se sentait encore plus mal à l'aise sur Aldérande. Ce n'était pas parce qu'elle s'était déjà battue sur Aldérande. C'était... autre chose.
"Je vais bien, dit-elle à Syo en espérant que le fait de le dire à voix haute agirait comme un sort et l'aiderait à se sentir mieux. C'est le manque de sommeil, peut-être."
"N'aies crainte, lui dit-il. Tout se passera bien."
Elle hocha la tête, essayant de le croire. Elle ferma les yeux sur les Sith et repensa aux enseignements de Maître Zallow. Elle sentait la Force en elle et autour d'elle, une matrice de lignes lumineuses créée par l'intersection de toutes les choses vivantes. Comme toujours, la ligne de Maître Zallow brillait comme un guide dans son espace intérieur.
Il lui manquait. Sa présence calme, sa sagesse lui manquaient.
En se concentrant vers l'intérieur, elle choisit un point dans son esprit et en fit un trou pour permettre à son malaise de s'écouler.
Le calme s'installa en elle.
 

Quand elle ouvrit les yeux, elle les fixa sur l'homme Sith. Quelque chose dans son expression, un regard entendu, à moitié dissimulé par son air méprisant, troubla Aryn, mais elle resta impassible et soutint son regard, aussi immobile qu'une statue.
"Je vous vois", dit le Sith depuis l'autre bout de la pièce.
"Moi aussi", répondit-elle d'une voix calme.


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MessagePosté le: Ven 15 Avr - 16:45 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 15 Avr - 19:26 (2011)    Sujet du message: Dark Malgus Deceived. Répondre en citant

Heu .... Ok.

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Day_ligt
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Inscrit le: 07 Mar 2011
Messages: 117

MessagePosté le: Ven 15 Avr - 21:01 (2011)    Sujet du message: Dark Malgus Deceived. Répondre en citant

Mdr  j'ai psa tout lu ^^.

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{#lvl's#}Nox[co-ldr]
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MessagePosté le: Sam 16 Avr - 09:26 (2011)    Sujet du message: Dark Malgus Deceived. Répondre en citant

ah... bah il faut lire hein xd.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:31 (2018)    Sujet du message: Dark Malgus Deceived.

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